GIP du futur parc National des forêts de Champagne et Bourgogne
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Filière forêt-bois

Une étude a été réalisée par le GIP, avec les partenaires de la filière forêt-bois, pour mieux connaître la ressource en bois disponible aujourd'hui sur le territoire, mais surtout une fois le Parc national créé, en intégrant les enjeux environnementaux.

© Franck Fouquet

Cette étude a été réalisée par le GIP du futur Parc national, en partenariat avec le CRPF de Bourgogne, le CRPF de Champagne-Ardenne, l’ONF et les Communes forestières de Champagne-Ardenne, avec l’appui d’un comité de pilotage associant près de 30 structures représentatives de l’ensemble de la filière.

Elle répondait à une demande des professionnels de la filière forêt-bois souhaitant être assurés de la poursuite de leurs activités une fois le Parc national mis en place.

L’étude de 4 scénarios intégrant différents niveaux de protection environnementale (réserve intégrale, îlots de vieux bois, arbres à haute valeur biologique...) aboutissent à des volumes non commercialisés chiffrés entre 10000 et 77 000 m3 par an.

En forêt, environ 30 % des espèces animales et fongiques sont dépendantes du bois mort et des gros bois, d'où l'intérêt de les préserver. Ainsi, en mettant en regard ces volumes non récoltées avec les prévisions de récolte des prochaines années, l’analyse conduit aux conclusions suivantes :

  • un niveau de biodiversité et de naturalité dans les forêts du futur Parc national supérieur à celui des autres territoires, tout en veillant à ne pas déstabiliser l’économie locale
  • l'augmentation de la naturalité forestière conditionnée à la garantie de pouvoir compenser les volumes non récoltés par la mobilisation de nouvelles ressources bois.
  • une notion de progressivité à introduire dans la mise en oeuvre des dispositions favorables à la naturalité et la biodiversité.

Les freins actuels à la mobilisation des bois ont été identifiés. Ils sont à la fois techniques (morcellement de forêts privées, problèmes d'accessibilité...), sociaux (usage de la chasse prioritaire par exemple) ou économiques (manque d'investissements et de matériels adaptés notamment).

L'identification de ces freins a permis de dégager des pistes d'actions pour mobiliser plus de bois, dans l'optique de mettre en œuvre des mesures environnementales sans déstabiliser la filière bois. Ces pistes sont priorisées et regroupées en 5 axes :

© Franck Fouquet

Améliorer la gestion forestière

  • Inciter à la réalisation de documents de gestion durable : réalisation de diagnostics, contractualisation avec un gestionnaire agréé, simplification pour les peuplements de faible valeur…
  • Mettre à jour « en continu » l’état de la ressource forestière
  • Soutenir la régénération des peuplements : développer la régénération naturelle, aider aux reboisements avec des essences de provenance locale, adaptées aux stations
  • Adapter la sylviculture aux évolutions climatiques
  • Faciliter les regroupements forestiers et la mise en vente des bois
    • L'enjeu réside ici principalement dans la sensibilisation et le regroupement des propriétaires, notamment autour de projets d'exploitation forestière en commun ou de ventes groupées.
       
  • Soutenir le développement de l’exploitation forestière et du transport du bois
    • Soutenir l’équipement et la mécanisation de l’exploitation forestière contribuant à la préservation des milieux
    • Renforcer la desserte existante en forêt pour réduire les coûts de l’exploitation, établir des schémas de desserte (aires de stockage, places de dépôt et places de retournement)
       
  • Développer et optimiser l’usage du bois, conforter la transformation et accroître la valeur ajoutée
    • Soutenir les entreprises existantes et garantir leur approvisionnement. Mettre en place un observatoire des entreprises de la filière. Encourager les nouvelles entreprises.
    • Favoriser les circuits de proximité, promouvoir l’utilisation des bois locaux
  • Renforcer la recherche, soutenir les dispositifs de formation et diffuser l’information
    • Etablir des partenariats avec la recherche
    • Mettre au point de nouveaux « produits bois » (panneaux isolants, fibres de bois…) de construction, de traitement des bois, notamment pour le développement de l’utilisation du bois en extérieur

Ce travail mené sur les pistes d’actions reste à approfondir ; il sera repris dans le cadre de la rédaction du volet « forêt » de la charte du Parc national, travail devant aboutir à une version provisoire de ce document fin 2016. La rédaction de ce projet de territoire pour 15 ans permettra par ailleurs de fixer les ambitions d’un projet collectif d’animation, de développement et de dynamisation de la filière forêt-bois.

À terme, il serait intéressant de constituer un réel modèle de suivi de la ressource en bois et de la mobilisation dans les forêts du Parc national. Cet outil pourrait être évolutif, dynamique et actualisable, à destination des décideurs du territoire et des maîtres d’ouvrage. En outre, la mise en place d’un observatoire des entreprises, en lien avec les interprofessions bois, permettrait aussi de mieux connaître les besoins de la filière.