GIP du futur parc National des forêts de Champagne et Bourgogne
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Les marais tufeux


Les marais tufeux, trésors de biodiversité préservés dans leur écrin forestier
Les marais tufeux du plateau de Langres constituent un des ensembles les plus importants et typiques de France. Riches d’une faune et d’une flore originales et très souvent protégées, baignés par une eau souvent abondante et de qualité, ces milieux sont l’objet de nombreuses attentions. Près d’une cinquantaine d’entre eux sont d’ailleurs inventoriés au sein du réseau Natura 2000.

Si le tuf (roche légère, formée par le dépôt de calcaire autour de certaines mousses) se rencontre fréquemment dans les montagnes calcaires, sa présence à basse altitude, au sein de marais sur pente souvent situés au cœur des forêts, est plus remarquable.

Les massifs de Châtillon et d’Auberive, en particulier, en concentrent un nombre remarquable.

Les marais tufeux se caractérisent par la présence de sources pétrifiantes engendrant des concrétions calcaires parfois surmontées de touradons - des mottes de graminées de quelques dizaines de centimètres de haut. Mais ils peuvent parfois prendre un aspect spectaculaire sous la forme de cascades tufeuses formées par un empilement de vasques

Des milieux fragiles et menacés ...

Les marais tufeux ont connu des histoires mouvementées. Ils ont généralement été pâturés jusqu’au début du XXème siècle. Certains ont même été exploités comme carrières pour le tuf.
Des plantations de résineux ont ensuite parfois été tentées, mais le plus souvent en vain. C’est en effet un milieu remarquablement stable dans le temps tant que l’eau circule normalement. Ils ne sont véritablement menacés que s’ils sont drainés ou si une trop grande partie des sources qui leur donnent naissance est captée pour l’alimentation en eau potable des villages.

... prisés des naturalistes

On y trouve une abondante flore à caractère montagnard ou boréal, dont le rare Choin ferrugineux, la Swertie pérenne ou les Linaigrettes. S’y ajoutent d’autres espèces rares ou protégées telles que la Ligulaire de Sibérie, classée vulnérable dans le livre rouge de la flore menacée en France. Elle n’est connue qu’à un seul endroit en Bourgogne, au cœur du périmètre du futur parc national.

La faune n’est pas en reste. Parmi les habitués des lieux : des libellules, mais aussi de nombreux autres insectes à affinité montagnarde (dont divers papillons). Des mollusques, parfois rares, sont aussi très présents, de même qu’une grande variété d’amphibiens comme le Sonneur à ventre jaune. Les parties les plus humides peuvent aussi abriter l’Ecrevisse à pattes blanches, une espèce particulièrement menacée en France.  

Différents sites aménagés pour la découverte vous attendent, comme :


Les marais tufeux dans le projet de parc national

Ces marais sont des milieux étroitement associés aux forêts. Le parc national devra donc s’assurer de leur préservation. Il pourra par exemple intervenir dans la mise en œuvre des plans d’action pour le bon fonctionnement des marais tufeux inventoriés dans le réseau Natura 2000. Il devra par ailleurs encourager une meilleure connaissance de ces marais, y compris les très nombreux de petite taille présents au sein des forêts.