GIP du futur parc National des forêts de Champagne et Bourgogne
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Le 20/12/2017
Développement économique
1er Forum des solutions : quelle agriculture pour quelle consommation ? Le local et la qualité au service des habitants.

Conférence, organisée par la Fabrique du millénaire, avec le soutien du GIP et de l’ASCLA (association sports, culture et loisirs d’Aignay). Cette soirée, animée par Philippe BERTRAND à Aignay-le-Duc en présence de Yolaine de COURSON députée de la 4ème circonscription.

Marion DELFORGE, chargée de mission développement durable et économie ainsi qu'Hervé PARMENTIER étaient présents pour participer au débat et présenter l'avancement du projet de Parc national.

Malgré la neige, près de 60 personnes étaient présentes , mais 4 intervenants n'ont pas pu venir (Dominique Bernard, viticulteur Muid Montsaugeonnais'52) ; Sylvie Jacquinot éleveuse et productrice de fromages de chèvre (52) ; Xavier Descloux herberie de la Tille (52) ; Et Léo Coutellec, co-gérant du Groupement Foncier Agricole « Champs Libres » de Mâlain (21))  ni Alain Houpert sénateur de Côte d’Or .

Yolaine de Courson a fait un retour sur les ateliers organisés à Courban (21) lors des états généraux de l'alimentation en novembre avec des exemples d'initiatives porteuses de développement local.
Hervé Parmentier a ensuite présenté le processus de création du Parc national : en février 2018 l'assemblée générale sera décisive pour le projet de Parc national. De nombreuses questions ont émané de l'assemblée et des échanges avec des agriculteurs présents ont pu avoir lieu, notamment sur la réglementation qui, rappellent les exploitants agricoles, ne doit pas contraindre les activités.

Ensuite les témoignages ont commencé :
- Emilie Jeannin, éleveuse charolais viande (21) avec de la vente directe à la ferme - projet de "boeuf éthique". Ce projet serait de développer un abattoir mobile sur la base d'un concept développé en Suède.Cela permet de produire la viande directement à la ferme et moins stresser les bêtes ; ce qui donnerait une viande plus tendre, permet de maîtriser le procédé d'abattage et favorise le bien-être de l'animal. Projet très coûteux d'1 Million d'euros d'investissement mais tient beaucoup à coeur d'Emilie Jeanin car pour elle c'est l'aboutissement du circuit court : tout est fait à la ferme en vente directe au consommateur final.

- Mireille et Jean-Baptiste Zara, paysans boulangers (21) à St broing les moines : le couple a fait le choix d'une installation en GAEC avec le père de Jean-Baptiste, ils peuvent ainsi diversifier l'activité vers la panification et la vente directe plutot que de faire le choix d'un agrandissement des surfaces et/ou destroupeaux comme c'est souvent le cas par ailleurs. Ils ont plaisir à travailler la matière première issue de la ferme (farines), mais le bassin de consommation est trop petit au niveau local donc ils font le marché de Châtillon-sur-Seine et proposent de la vente dans une AMAP à Dijon. Ils témoignent de problèmes de prix de vente qui ne leur permettent pas de rémunérer justement le travail fourni, car sur le pain, ils ne peuvent pas monter le prix par rapport à la concurrence.

- François Desliens : activité de promenade en calèche - pension et debourrage de chevaux ainsi que fabrication et vente directe de pâtes artisanales : Il a fait le choix d'avancer petit à petit pour les investissements, afin de ne pas dépendre de financements extérieurs. Son chiffre d'affaires commence à augmenter tout doucement, au fur et à mesure que le bouche à oreille fonctionne. Il tente de faire connaitre ses produits vendus principalement sur les marchés locaux et à Paris pendant les fêtes aux Halles du Printemps d'Haussmann.

- Thibaut Dupas :association GREN : réseau jardin de Cocagne (jardins d'insertion) : Il propose une production de paniers bio et développe l'accès à l'emploi pour les femmes du territoire.

Hervé Parmentier a cité d'autres initiatives de magasins de producteurs qui vendent des produits de la ferme en direct en Haute-Marne : MultiFerme à Val d'Esnoms ; Brin de campagne à Chaumont ou le projet Biotope à Auberive...

Globalement, ce qu'apportent les circuits courts aux exploitants, c'est la liberté de commercialisation et le contact en direct avec le consommateur, avec qui une relation de confiance se créée. De façon générale, ils témoignent de la valorisation palpable du travail de l'exploitant, mais parfois au prix de contraintes (les déplacements pour aller vendre les produits dans les bassins de consommation ou la rémunération qui n'est pas toujours à la hauteur des attentes).
Bilan de ces échanges : les solutions passeront par la co-existence de plusieurs types d'agricultures complémentaires, dont les circuits courts et la vente directe, aux côtés d'autres modèles agricoles plus intégrés, pour lesquels le développement de l'agro-écologie permettra de produire de manière plus durable.