GIP du futur parc National des forêts de Champagne et Bourgogne
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Pelouses sèches


Les pelouses sèches, héritage fragile d’un pastoralisme ancien
Derrière cette appellation peu engageante de pelouses sèches se cachent des milieux d’une extraordinaire richesse. Plus de 200 espèces végétales y sont dénombrées, représentant 30% de la flore protégée de Champagne-Ardenne. Mais la partie bourguignonne du futur parc national n’est pas en reste !
Une pelouse… sèche !

Le terme de pelouse sèche désigne une formation végétale constituée de plantes herbacées permanentes qui forment un tapis peu épais et peu élevé. Ce "gazon" est dominé par trois ou quatre graminées et son sol est généralement riche en calcaire, peu épais et pauvre en éléments nutritifs. Le qualificatif de "sèche" vient de l’absence d’ombrage d’arbres et arbustes. Combinée avec les caractéristiques du sol, cela entraîne pénuries d’eau et assèchement.

Une variété de milieux

La pelouse sèche regroupe ici plusieurs types de milieux bien distincts. La grande majorité est calcicole et abrite un mélange d’espèces à affinité méridionale, dont de nombreuses orchidées. Certains constituent des habitats particulièrement singuliers et riches, telles les pelouses montagnardes ou les pelouses de dalles rocheuses. Les pelouses sont donc des milieux où se côtoient de très nombreuses plantes venant d’horizons très divers, allant du caractère méditerranéen au montagnard en passant par des espèces d’Europe centrale. On y trouve également une faune qui leur est propre (l’Alouette lulu, des reptiles comme le Lézard vert, ou encore des insectes comme l’Ascalaphe soufré). 

Un patrimoine en péril

Plus des trois quart des pelouses ont déjà disparu et leur surface continue de régresser. Elles sont en effet le témoin d’une activité pastorale passée où beaucoup ont servi de parcours à moutons. La déprise agricole qui a suivi la Seconde guerre mondiale, aggravée par l’épidémie de myxomatose qui a décimé le lapin (lequel contribuait au maintien des pelouses), a entraîné leur enfrichement progressif. D’autres ont fait l’objet de plantations par des résineux. Enfin, les progrès techniques permettent aujourd’hui la mise en culture de certaines d’entre elles.

Préservation et gestion

Un certain nombre de ces pelouses fait aujourd’hui l’objet de mesures de gestion active, souvent en lien avec les Conservatoires d’espaces naturels. Le sentier de la butte de Taloison, à Bay-sur-Aube, permet de découvrir l’une d’entre elles. Il n’est pas non plus trop tard pour en restaurer d’autres, d’autant que certains bords de route, du fait de leur entretien régulier, ont servi de refuges à beaucoup d’espèces liées à ces milieux.


Les pelouses sèches dans le projet de parc national…

Même s’il lui faudra pour cela empêcher localement une dynamique forestière naturelle, le parc national aura bien évidemment une responsabilité dans la préservation et la restauration des pelouses sèches de son périmètre. Il s’appuiera sur l’indéniable expérience des Conservatoires d’espaces naturels :